Et si l’infirmier.e gagnait plus qu’un trader ? Avec l’IA, la valeur change de camp.

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Pendant longtemps, la hiérarchie économique était simple.

Plus un métier était intellectuel, abstrait, stratégique… plus il était rare et bien payé.

Trader, avocat d’affaires, consultant, analyste financier : des métiers valorisés parce qu’ils manipulaient l’information et la décision.

Mais une question commence à se poser sérieusement : Et si l’intelligence artificielle inversait cette hiérarchie ?


La valeur pourrait basculer vers les métiers profondément humains

Prenons un exemple frappant.

Pendant des décennies, le trader était une figure iconique de la finance :
salaires à plusieurs centaines de milliers d’euros, bonus vertigineux.

Mais aujourd’hui, une grande partie de ce travail est automatisée.

Entre 60 et 70 % des transactions financières sont désormais réalisées par des algorithmes, capables d’analyser les données et d’exécuter des ordres plus vite qu’un humain.

Dans certains marchés, comme le forex, les estimations montent jusqu’à 90 % des ordres exécutés par des algorithmes.

Les institutions financières adoptent massivement ces technologies : près de 80 % des institutions utilisent ou expérimentent déjà l’IA pour le trading.

Pourquoi ?

Parce que les machines sont objectivement meilleures sur certains critères :

  • analyse de volumes massifs de données
  • prise de décision en millisecondes
  • absence d’émotion
  • exécution instantanée des ordres

En clair, dans certains domaines très analytiques, l’IA fait mieux que nous.


Pendant ce temps-là…

Regardons un métier à l’autre bout du spectre : infirmière.

Son travail implique :

  • empathie
  • relation humaine
  • compréhension du contexte
  • communication avec patients et familles
  • adaptation permanente

Ce sont précisément les dimensions où les machines sont les plus faibles.

Une IA peut aider à analyser des radios, assister au diagnostic, optimiser les plannings mais elle ne peut pas remplacer la présence humaine dans le soin.


L’économiste David Autor parle d’une idée intéressante

Il appelle cela la complémentarité des compétences humaines :

“Plus la technologie progresse, plus les compétences humaines deviennent précieuses”.

Autrement dit, les machines font les calculs, les humains font la relation.

Et ce déplacement pourrait faire émerger une nouvelle hiérarchie de valeur.


Mais la valeur économique ne suit pas toujours l’utilité sociale

Il y a un problème.

Dans nos économies, les salaires ne reflètent pas toujours l’utilité réelle.

Prenons un paradoxe simple.

Pendant la pandémie, les infirmières, les aides-soignantes, les livreurs ou encore les caissiers étaient indispensables au fonctionnement de la société.

Pourtant, ce ne sont pas eux qui captent la plus grande valeur économique.

Pourquoi ?

Parce que la valeur sur le marché dépend surtout de trois choses :

1️⃣ la rareté de la compétence
2️⃣ la capacité à générer des revenus
3️⃣ le pouvoir de négociation

Un trader peut générer des millions d’euros de profits.

Une infirmière sauve des vies… mais son travail est financé par le système public.

La valeur sociale et la valeur économique sont rarement en corrélation.


Autre limite

Même dans les métiers automatisés, les humains ne disparaissent pas totalement.

Dans le trading par exemple : l’IA analyse mais les humains définissent les stratégies, supervisent les risques, interviennent lors des crises de marché.

La réalité est donc souvent un système hybride : humain + machine.


La vraie bascule pourrait être ailleurs

La question n’est peut-être pas :

👉 “Quels métiers vont disparaître ?”

Mais plutôt :

👉 Quels métiers deviennent irremplaçables ?

L’histoire économique montre une chose :

À chaque révolution technologique, la valeur se déplace.

  • révolution industrielle → ingénieurs et industriels
  • révolution numérique → développeurs et data scientists

La révolution de l’IA pourrait faire émerger une nouvelle catégorie de métiers : les métiers profondément humains.

Ceux qui mobilisent :

  • empathie
  • jugement moral
  • créativité
  • relation sociale
  • confiance

Médecins, enseignants, psychologues, éducateurs, infirmiers…

Pendant longtemps, on les a considérés comme “peu productifs” économiquement.

Demain, ils pourraient devenir les métiers les plus difficiles à remplacer.

Et donc, peut-être, les plus précieux (et les mieux payés ?).

🎧🎙 Côté média

Lorsque Jean-Louis Louvel lâche l’école à 16 ans, on lui dit qu’il n’est pas intelligent et qu’il est préférable qu’il aille bosser. Bonne nouvelle pour son père qui doit nourrir une famille nombreuse et qui ne crache pas sur la contribution de son fils.

Tailleur de pierre, vendeur de parfum dans la marine marchande, Jean-Louis enchaîne les petits boulots avant de s’intéresser à un produit que personne ne regarde : la palette logistique. Aujourd’hui, il en est le leader Européen avec 400 millions d’€ de chiffre d’affaires. Une histoire incroyable !

🎧 https://smartlink.ausha.co/deviens-genial-1/89-deviens-entrepreneur-autodidacte-de-400m2-a-400-millions-d-de-ca

On a décrypté le métier de prompt engineer ! Tu crois que c’est parler à une IA à longueur de journée ?
En vérité, c’est savoir lui poser les bonnes questions pour obtenir un vrai résultat.

Il conçoit des instructions précises pour guider une IA dans la rédaction, l’analyse, le code ou la création d’images.
Il teste, ajuste, documente et optimise les réponses pour qu’elles soient fiables et utiles.

👀 https://deviensgenial.com/podcasts/prompt-engineer/

Karim fait partie de ces jeunes qui sont partis avec beaucoup de boulets dans la vie. Témoin de violences conjugales dans son foyer, victime de harcèlement scolaire, tout laissait penser que son avenir n’aurait pas beaucoup de relief.

Pourtant, grâce à son énergie, à sa volonté et quelques bonnes rencontres, Karim est aujourd’hui un jeune prometteur qui étudie à Science Po. 🎧


🚨 Les infos qu’il ne fallait pas manquer

🇪🇺 L’Europe accélère sa stratégie sur les compétences

La Commission européenne a célébré début mars le premier anniversaire de la “Union of Skills”, une initiative destinée à préparer l’Europe aux transitions numérique et écologique. L’objectif est clair : combler les pénuries de compétences en investissant massivement dans l’éducation, la formation et l’apprentissage tout au long de la vie.


🤖 L’intelligence artificielle devient le grand sujet de l’éducation

Fin février, des responsables académiques et décideurs internationaux se sont réunis à Paris pour un sommet sur l’IA dans l’enseignement supérieur afin de réfléchir à la transformation des universités à l’ère de l’IA.

Dans le même temps, l’OCDE publie son Digital Education Outlook 2026, qui analyse l’impact des outils d’IA générative dans l’éducation et les nouvelles formes d’apprentissage qu’ils rendent possibles.


🇮🇳 L’Inde généralise l’enseignement de l’IA à l’école

Dans une décision très remarquée, l’Inde prévoit d’introduire un programme d’intelligence artificielle dans toutes les écoles d’ici 2026, dans le cadre de sa réforme éducative nationale.

L’objectif : former des millions d’élèves aux bases de l’IA et aux compétences numériques dès le secondaire.


🎓 Les destinations d’études internationales se diversifient

Une tendance mondiale se confirme : de plus en plus d’étudiants internationaux se détournent des destinations traditionnelles (États-Unis, Royaume-Uni, Australie) au profit de nouveaux pays d’accueil.

Plusieurs facteurs expliquent ce mouvement :

  • politiques migratoires plus strictes
  • hausse des coûts d’inscription
  • nouvelles opportunités dans d’autres régions.

🧠 L’IA inquiète certains chercheurs sur les capacités cognitives des élèves

Un rapport relayé en mars alerte sur un risque inattendu : l’utilisation excessive d’IA pourrait affaiblir certaines compétences cognitives, notamment la pensée critique et l’effort intellectuel chez les étudiants.

Des chercheurs appellent donc les écoles à intégrer l’IA de manière encadrée, en insistant sur l’apprentissage de l’esprit critique.